Un budget qui heurte les citoyens
Malgré « l’affaire Bellemare », nous n’oublions pas le budget Bachand déposé le 30 mars dernier. On l’a constaté rapidement, les citoyens en sont largement insatisfaits et avec raison. Et qu’on ne vienne pas dire que les contribuables sont des éternels insatisfaits ou encore qu’ils ne comprennent pas la complexe réalité des finances publiques.
Au contraire, les Québécois ont depuis longtemps montré leur adhésion à un État impliqué économiquement et socialement. Mais pour maintenir leur adhésion, ils exigent un État performant dirigé par un gouvernement qui donne l’exemple et qui gère avec le plus grand soin chacun des deniers qui lui est confié. Et c’est là que le bât blesse.
Les Québécois se sont rendus aux urnes il y a à peine 16 mois et ont élu un premier ministre qui leur répétait chaque jour qu’avec son gouvernement, le Québec éviterait les déficits malgré la récession et que jamais il n’augmenterait leurs taxes. Aujourd’hui, les Québécois se souviennent…
Avant le budget, les Québécois nous approchaient avec un questionnement très légitime : « Pourquoi je paierais plus alors que le gouvernement ne fait rien pour mettre fin au gaspillage? » Ils ont remarqué ce que le gouvernement refuse de voir : un éléphant nommé ‘Scandales-liés-au-secteur-de-la-construction’ s’est installé au milieu du salon. Le gouvernement du Québec et ses entreprises injectent 13,5 milliards par année dans des projets d’infrastructures dont environ 30% seraient détournés par des activités de collusion et de corruption.
Et le gouvernement refuse de tenir une enquête publique qui nous permettrait de s’attaquer à un système sous terrain qui ronge nos finances publiques et nos institutions! Il ne faut se surprendre de voir les Québécois refuser la facture de 6,5 milliards que le gouvernement leur a imposée dans ce budget par l’application de nouvelles taxes et des nouveaux tarifs.
Depuis 7 ans, c’est le même manège. Le ministre des Finances annonce dans son budget que le gouvernement s’engage à reprendre le contrôle de ses dépenses et de la dette publique – sans jamais y arriver. Vous avez raison de questionner le gouvernement libéral qui a échoué à améliorer sa performance de gestion.
Prenons l’exemple du secteur de la santé qui représente maintenant plus de 40% des dépenses de l’État. Le gouvernement a annoncé une taxe sur la santé qui s’élèvera à 200$ par année pour la grande majorité des contribuables. Il y aura aussi un ticket modérateur. Ce sont des taxes iniques et régressives qui frappent de la même façon un millionnaire et une famille qui possède un revenu net de 25 000$. En plus, cela survient alors qu’aucun effort n’a été fait pour améliorer la gestion du réseau de la santé. Malgré les promesses répétées, et rompues, depuis 2003.
Contrairement à ce que prétend Jean Charest, le nouveau budget manque de courage et tombe dans la facilité. Le gouvernement avait l’opportunité de mieux faire sans appauvrir les Québécois. Les citoyens ont maintenant la certitude de payer plus cher pour leurs services publics. Et le gouvernement libéral a acquis le confort financier qui lui permettra de ne rien faire pour s’améliorer.
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